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Sueño magallanico


Florence Joubert

La Patagonie est perdue entre ciel et mer, passé et présent, rêve et réalité…Les routes infinies dont on avale les kilomètres en bus, à cheval, ou au volant d’une vieille Chevrolet rouillée par le sel, mènent au cœur d’un mythe, d’un lieu légendaire et fascinant. Ces terres baignées d’une lumière onirique ont de tous temps offert aux voyageurs en quête d’absolu l’ultime dépaysement, un refuge pour l’imaginaire, le passage vers un monde fantastique et désespéré. On y perd la notion du temps. Le voyage revêt l’allure d’un pèlerinage vers ce qui fût pendant des centaines d’années le lieu d’explorations rocambolesques. Magellan, Bougainville, Cook, Darwin…Ces noms flottent à la surface des eaux noires de ce bout du monde. Ballottés par des vents furieux et incessants, nombreux sont les navires avides de colonisation qui s’échouèrent sur les rives du Détroit de Magellan, ou de la Péninsule Mitre. Les épaves encore visibles semblent parfois s’animer, prêtes à repartir, commandées par quelque corsaire anglais dont le fantôme n’en aurait pas encore fini avec la mer. Les terres n’offrant pas plus d’hospitalité que l’élément marin, la tragédie s’y est poursuivie, et les Espagnols moururent par centaines de faim et de froid, réitérant de vaines tentatives de colonisation de ce pays austère, ne permettant aucune culture connue, et pourrissant les vêtements et les vivres à une vitesse incroyable. Les hommes ont pourtant continué à braver les conditions inhumaines qu’offraient ces lambeaux de terres, poursuivant un rêve fou, une chimère…Ils se sont installés, occupant, de manière éparse l’immense et indomptable Patagonie, construisant des villes, des routes, marquant leur présence. Pourtant, aujourd’hui comme il y a 500 ans, la force des éléments est incontrôlable, la dimension mystique du lieu est restée intacte, et les habitants du « sud du sud », eux, doivent composer avec ce climat éprouvant, et l’austérité du territoire. Ils n’auront jamais le dessus, et toute intention de croire le contraire serait une folie. Ainsi, de la région des Magallanes jusqu’à l’Isla Navarino, au fil du temps et d’une errance solitaire hors de tous repères, se révèle ici et là le témoignage discret de tentatives dérisoires de l’Homme d’occuper, de coloniser. Sa « ridicule » présence au sein de cette immensité féroce donne lieu à des situations incongrues, des juxtapositions inattendues… Est-ce la magie du lieu qui influence le regard à fouiller le paysage pour y découvrir les scènes les plus insolites, ou est-ce réellement une manière bien particulière pour les habitants « d’être là » ? Brouillée par cette ambiguïté, entre fantasme et réalité, l’empreinte humaine s’insinue au hasard dans les coins les plus perdus de ce gigantesque rien. Les navires fantômes, ou les petits cimetières de colons ou d’indiens, petits bouts d’histoire d’une première tentative, témoignages de fiertés malmenées par ces lieux (la grandiose cité du roi Philippe II d’Espagne, devenue « le port de la faim » en quelques mois, et dont pas un n’en sortit vivant en est un exemple), côtoient le monde du présent. L’homme d’aujourd’hui redoublant d’orgueil face à sa réussite, érige de fiers monuments, livrés aux yeux de personne, rendant souvent hommage à des gloires obsolètes. Les militaires argentins et chiliens, occupant la moitié de la zone à eux seuls, se livrent une petite guerre de territoires incessante, déballant aux yeux de l’autre leurs actions héroïques, et s’observant mollement d’une rive à l’autre dans l’attente d’un faux-pas. D’autres, n’ayant que faire de ces petites querelles de voisinages se sont retirés au fin fond de nul part, (et de voisins, ils ne se soucient point), dressant leur petites maisons, on ne sait par quelle volonté... Ainsi la richesse visuelle extraordinaire qui découle de tous ces éléments fait de la Patagonie un sujet passionnant, car même si la représentation de ces situations a une valeur documentaire, se réfère à une histoire passée ou présente très forte, elle nous plonge avant tout au cœur d’un pays imaginaire, sans repères, et derrière chaque image se fait sentir, là, tout près, le bout du monde.


 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069800

Vue du haut du Cap des Vierges, le mythique "Cabo Virgenes" qui marque l'entrée atlantique du Détroit, découvert en 1520 par ce lui qui lui donna son nom : Fernando de magallanes.

rio gallegos, santa Cruz, Argentine - 15/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069799

Plage à marée basse. Terre de feu Rio grande

rio grande, Tierra del Fuego, Argentine - 15/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069802

L'"Ambassador", un voilier américain, a fait naufrage sur les rives du Détroit à la fin du 19ème siècle. Face à l'estancia San Gregorio (la plus ancienne de Patagonie), il cotoie une autre épave, celle de l'"Amadeo", un vapeur qui transportait laine et viande.

San Gregorio, Magallanes, Chili - 15/10/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069803

Lettres cassées sur une colline.

rio gallegos, Argentine - 15/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0188242

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069612

Une petite cabane de bois retournée par le vent, au bord du Detroit de Magellan.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 00/02/2006

bis

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069804

Dans la réserve de manchots du Seno otway, deux personnes assises sur un banc.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 15/02/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069622

La baie d'Ushuaia au petit matin.

Ushuaia, Tierra del Fuego, Argentine - 15/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069806

Les restes d'un petit cimetière colonial au bord de la route nationale 9, qui borde le Detroit de Magellan. C'est à cet endroit que les premiers colons espagnols débarquèrent et tentèrent de fonder la ville du roi philippe 2. Ils furent environ 300 à mourir de faim au fil des semaines, la terre ingrate ne permettant aucune culture connue, et l'humidité pourrissant tout dans un temps record. C'est après cette histoire que le lieu fut baptisé "puerto Hambre", autrement dit "le port de la faim". En face se dessinent les contours sombres de l'Isla Dawson, lieu tragique où moururent les derniers indiens Onas, et plus tard, les déportés du régime Pinochétiste.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 15/02/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069811

Une maison en construction sur la route qui mène à Punta Arenas, au bord du Détroit de Magellan. Le vent violent donne naissance à des nuages de forme très particulière.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 15/10/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069638

Tête de clown ayant fait partie d'un défilé de carnaval.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 15/02/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069614

Les routes d'argentine sont parsemées de petits sanctuaires religieux tels que celui-ci, toujours de couleur rouge.

rio grande, Tierra del Fuego, Argentine - 15/03/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069809

Une croix en bois au bord du lago Fagnano, un jour de tempête.

rio grande, Tierra del Fuego, Argentine - 28/02/2006

bis

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069623

Un escalier à flan de colline montant à un belvédère, de nuit.

rio Gallegos, Tierra del Fuego, Argentine - 15/02/2006

portfolio

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069808

L'épave du 3Lord Lonsdale", navire marchand britannique qui comme beaucoup d'autres n'a pas survécu à la force des eaux magallaniques. Il constitue maintenant une sorte de mausolée en hommage aux marins venus jusque dans ce bout du monde.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 15/02/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069805

Une rue de Puerto Natales, à la tombée du jour.

Puerto Natales, Ultima Esperanza, Chili - 15/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069634

Le gymnase de Punta Arenas, à l'architecture de style "greco-romain"; en béton.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 00/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069613

Une vieille embarcation rouillée amarrée sur l'isla Navarino, au port de puerto Williams, la "ville"la plus australe du monde, après Ushuaia qui détient pourtant officiellement ce titre. En face, L'argentine.

Puerto Williams, Isla Navarino, Chili - 15/10/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069620

Une rue déserte de Punta Arenas au coucher du soleil

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 00/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069617

Au bord de la route, un monument dédié à la guerre des Malouines, composé d'une carte des iles et de statues de soldats argentins.

rio grande, Tierra del Fuego, Argentine - 15/03/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069621

Sur la route entre Rio grande et Ushuaia, à la tombée du jour, l'asphalte éclairé par les phares de voiture.

rio grande, Tierra del Fuego, Argentine - 15/10/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069608

Terrain vague au bord du Détroit de MAgellan.

Punta Arenas, Magallanes, Chili - 00/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069609

Vers le Seno Skyring (sorte de mer interieure débouchant sur le Detroit de Magellan), à Rio Verde, un monument dédié à la mer.

rio Verde, Magallanes, Chili - 15/10/2005

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069616

Une boîte de nuit à la sortie de Rio Gallegos.

rio gallegos, Argentine - 15/02/2006

 

Florence Joubert / Picturetank JOBF0069618

Le bateau qui s'approche du glacier "Perito Moreno", l'un des plus étendu de la Patagonie, et toujours en expansion, part de ce ponton orné du drapeau argentin. Deux icebergs ont dérivé jusque là.

El Calafate, Patagonia, Argentine - 15/02/2006



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